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ANNULÉ Réminiscences

Réminiscences est un spectacle né d’une rencontre entre le projet Bruit de couloir et R2JE, un voyage dansé et jonglé à la lisière de la mort et de l’amour.

  • 1ère partie : Bruit de couloirest un solo jonglage chorégraphique, voyage poétique questionnant nos sensations quand, proches de la fin, nous déroulons un dernier instant le film de notre vie. En mêlant au jonglage et à la danse contemporaine une gestuelle imprégnée de hip-hop, le spectacle évoque des fragments d‘émotions, de vie à travers le corps, les balles et le jonglage.
  • 2ème partie : R2JEest un duo de danse et jonglage. Ils questionnent différents jeux qui peuvent nourrir la relation entre un homme et une femme. La pièce révèle, au-delà du discours apparent, ce silence souvent bien plus parlant entre ces êtres. Qu’est-ce qui unit un couple ? Qu’est-ce qui le défait jusqu’à l’agonie ?

ANNULÉ Béatrice Berrut

Béatrice Berrut est une pianiste suisse formée à la Hochschule für Musik Hannes Eisler de Berlin dans la classe de Galina Iwanzowa, une élève de Heinrich Neuhaus, puis par de nombreuses rencontres avec des artistes tels que John O’Conor, Leon Fleisher, Menahem Pressler ou Christian Zacharias. Elle s’est forgée une solide réputation de lisztienne. Son dernier album, consacré à l’oeuvre pour piano et orchestre de Liszt, enregistré avec le Czech National Symphony Orchestra sous la direction de Julien Masmondet, a été acclamé par la critique internationale. Artiste aux multiples facettes, elle s’adonne à la transcription d’oeuvres symphoniques pour le piano, et écrit sa musique, ce qui lui permet de parcourir les scènes et les festivals avec des programmes de récitals originaux et inédits. Elle est régulièrement invitée comme soliste par des orchestres tels que la Philharmonie de Dortmund, l’Orchestre National des Pays de la Loire, le North Czech Philharmonic Orchestra, la Staatskapelle de Meiningen, l’orchestre Philharmonie de Cracovie pour n’en citer que quelques uns, et elle s’est produite dans des salles telles que la Philharmonie de Berlin, le Konzerthaus de Dortmund, le Wigmore Hall de Londres, la Tonhalle de Zürich, le Tianjin National Theatre, le Preston Bradley Hall de Chicago, le festival de Ravinia ou le Teatro Coliseo de Buenos Aires. Durant la saison 2018/2019, elle a fait entre autres ses débuts avec l’orchestre du Saarländisches Theater de Saarbruck sous la direction de Sébastien Rouland, avec l’English Chamber Orchestra sous la direction de Kaspar Zehnder.

Pandax

« C’est l’histoire de cinq frères qui se connaissent déjà… Mais qui se rencontrent pour la première fois ! Dans une Fiat Panda… Nous sommes des hommes non ? Alors parlons- en, avec humour, risques et dérision. Dans ce nouveau projet, le Cirque la Compagnie a décidé d’écrire et de mettre en scène un récit. Comment mettre en piste une histoire avec des corps sans texte, et du cirque ? Comment faire naître des personnages singuliers et les mettre ensemble ? Comment mettre notre technique au service de la dramaturgie ? ... Dans un esprit tragi-comique, nous voulons raconter l’histoire d’une famille, questionner des thèmes comme la fraternité, l’entraide, la mixité sociale… Mais aussi, comme pourrait le faire Beckett par l’absurde, aborder carrément des questions comme l’amour, la solitude, la mort, ou ceci, ou cela, et puis tout ça... Le spectacle sera co-mis en scène. Cela peut paraître étrange mais c’est simple. Nous sommes avant tout un Cirque, avec une vision de la vie, de la scène et de ce qu'il s'y passe. Nous tenons tous les cinq à garder un regard sur la création de ce spectacle. Nous voulons que chacun d’entre nous puisse donner son plein potentiel, mais aussi influencer les choix artistiques pour permettre au spectacle d'évoluer et de grandir. Pandax n’appartiendra pas à un individu mais à une entité qui nous réunit tous : le Cirque la Compagnie. » Cirque la Compagnie

 

presse : « Découverts en 2017 au Festival mondial du cirque de demain à Paris d’où ils étaient repartis sous une extraordinaire pluie de récompenses, ces artistes franco-suisses épatent par leur créativité, leur humour noir et leur dynamisme. Leur cirque est très concret, avec de la bascule, du mât chinois, de l’échelle libre, du lancer de couteaux… Il est aussi plein de chansons détournées et de drôleries. L’ensemble est furieusement enthousiasmant.» Télérama-Sortir/TTT

Le joueur de flûte

« Après notre création de La Petite Fille aux allumettes, que nous avons jouée deux saisons durant, nous voulions continuer à explorer le territoire de ces contes qui nous ont accompagnés enfants et qui, lorsque nous les relisons, nous frappent par leur violence. Comment enfant ai-je pu aimer une histoire si effrayante ? Sans doute parce qu’enfant nous aimons avoir peur… Nous savons que c’est « pour de faux », mais il est tellement agréable de ressentir ces choses-là, le frisson de la peur … Voilà pourquoi nous nous sommes souvenus du Joueur de flûte de Hamelin… une histoire sur la force de la musique… une histoire de trahison et de vengeance… Le conte est très court, deux pages à peine, mais l’histoire est saisissante. Une ville est infestée de rats, un joueur de flûte propose ses services pour l’en débarrasser. Les notables lui promettent une somme importante s’il réussit. Au son de la flûte les rats suivent le musicien qui les amène jusqu’à une rivière où il les noie. Il revient pour réclamer son dû, mais les habitants ne lui donnent que la moitié de la somme promise. Le musicien, pour se venger, attire les enfants de la ville au son de son instrument et part avec eux dans les montagnes. « Des enfants il n’y avait plus trace et personne n’a jamais su ce qu’il en était advenu. » Replacer cette histoire dans notre monde contemporain est une manière d’aborder avec les enfants la complexité des choses, le fait que l’être humain est particulièrement doué pour créer des problèmes et se compliquer la vie.» Joachim Latarget

Sécurilif

**ERRATUM** Le spectacle aura lieu au Gymnase du Parc de Londres et non au Collège Saint Jean comme indiqué dans le programme, à 20h30.

 

« Une fois la peur ancrée au ventre et quotidiennement alimentée, il s’agit de parer à l’inquiétude quasi permanente qu’elle sécrète en nous. Il faut trouver le moyen de se rassurer, de ne pas céder à la terreur qui fait de nous des êtres de panique, jetés hors de nous-mêmes, craignant le risque, traquant l’inconnu, et n’aspirant qu’à la tiédeur lisse d’une pomme de terre en robe de chambre certifiée sans arête et cuite dans l’eau chlorée. Après avoir vainement travaillé à l’éradication de la peur, nous avons, à SÉCURILIF©, opté pour une approche plus pragmatique, qui mobilise toutes les capacités du sujet concerné. Et ça marche ! Des essais sur différentes tranches d’âge en milieu confiné, puis en milieu ouvert, ont largement confirmé la validité de notre axe de recherche. Il existe bien aujourd’hui des remèdes pratiques, fiables et homologués pour rendre supportable notre cohabitation avec la peur. Ils sont à découvrir dans SÉCURILIF©. SÉCURILIF©, un spectacle qui a comme ambition de désinquiéter le champ culturel tout en donnant à la sécurité ses lettres de noblesse. » Pierre Meunier

 

presse : « La protection a un coût. Nous en payons déjà le prix. L’omniprésence sécuritaire angoisse, en raison notamment des dangers qu’elle présuppose. Chaque réglementation, qui prétend les combattre, est un nouvel outil d’oppression. Tout espace de fantaisie est désormais surveillé, tout endroit de hasard est placé sous contrôle. La mise aux normes « de sécurité » impose son diktat et freine les initiatives, empêche la spontanéité, limite la liberté de faire, d’agir et de créer. Gare à la sortie de route… De cette possibilité d’accidents et d’heureux hasards (ou pas) – l’essence de la vie, en somme –, Meunier a élaboré un spectacle réjouissant, une farce tragi-burlesque qui étonne et détonne, qui grince de ces questions. De belles métaphores visuelles s’amusent de nos angoisses de la sécurité routière, de l’obscurité forcément menaçante, des métiers ou des comportements à risques… La chorégraphie des corps et des objets rit (jaune) de ce(ux) qui nous inquiète(nt), de l’omniprésence sécuritaire qui est l’autre nom de la peur qui nous pousse au besoin urgent de rassurance. » Philippe Leclercq / Théâtre

Labess

Cette aventure musicale, menée par Nedjim Bouizzoul, a traversé les frontières et a pris racines en France en 2014, après 10 ans passés à Montréal. Le groupe est aujourd’hui basé entre Paris, Rennes et La Rochelle. Dans son parcours musical, Nedjim Bouizzoul, en partant de l’Afrique du Nord et en remontant jusqu’en Inde, a clairement emprunté le chemin, en sens inverse, des gens du voyage : il s’inspire de Césaria Evora, de Bob Marley, en passant par Anoushka Shankar ou encore Paco De Lucia, pour apporter une musique colorée de voyages. Une fusion entre rumba gitane, flamenco et musiques traditionnelles d’Afrique du nord telles que le gnawa et le chaâbi. Qu’il chante en arabe, sa langue maternelle, en français ou en espagnol, Nedjim Bouizzoul raconte des histoires qui oscillent entre réalisme et espoir, douceur et fureur. Il chante l’exil en retraçant les joies et les détresses qui parsèment le parcours de la terre d’origine à la terre d’accueil, et vice-versa. À travers sa poésie, il propose une réflexion sur la diversité culturelle et sur la nécessité de vivre unis, malgré les différences.

 

presse : « Sans artifices, la musique de Labess fusionne, mélange et bouscule les codes des musiques traditionnelles. Elle vous entraîne dans une heureuse déambulation entre l’Afrique du Nord, l’Andalousie et l’Inde, escales inévitables et ports d’attaches centraux d’un groupe qui rend ainsi hommage à l’itinéraire historique des gens du voyage. » Onorient

Mais n’te promène donc pas toute nue !

Notre travail a commencé par une sorte de déshabillage du pire et du « cliché » pour essayer de voir ce que c’est qu’un Feydeau ; dévoiler à quel point cet auteur écrit précisément l’incapacité qu’ont les hommes et les femmes à communiquer entre eux ; effeuiller cette mécanique puissante et géniale du quiproquo, mettre à nu ce rire fou et terrible qui nous prend quand nous nous reconnaissons dans les travers des personnages... Il n’y a aucune bonne raison de monter un Feydeau en 2018, il n’y en a que des mauvaises... Peut-être parce que l’homme est toujours aussi mauvais qu’à son époque ? Aussi parce que, parmi tous ses portraits de femme, souvent pleines de colère et de ridicule, il semble qu’il en ait épargné une : Clarisse, dans Mais n’te promène donc pas toute nue ! Lorsqu’on y regarde bien, il y a chez elle une force, un désir d’émancipation, une volonté de justice qui amène un propos que nous pourrions qualifier aujourd’hui de « quasi » féministe. C’est par cette porte d’entrée que nous voulons questionner ces choses que nous reproduisons, dont nous héritons, tenter de comprendre par où nous sommes passés pour avoir cette drôle d’impression d’en être toujours aux mêmes points... » Charly Marty

 

presse : « La production de Charly Marty et de son équipe, tous réellement talentueux et investis dans cette création, riches d'enthousiasme et d'énergie, avec une mention particulière pour "l'électrique" Camille Roy, emmène les spectateurs dans des chemins de questionnements non résolus mais n'oublie pas de rester festive et impertinente ; avec un final explosif, carnavalesque et les épices d'une chanson grivoise… Mais, Ô combien, joyeuse, tonique et revigorante ! » Gil Chauveau / La revue du spectacle

Hedda

« Et puis, il y a eu cette loi votée en Russie en janvier 2017 pour la dépénalisation des violences domestiques. J’ai été bouleversée par la découverte de cette mesure et par les arguments soutenus au sein du débat public relayé par les médias. Cette loi, plébiscitée par le pouvoir et l’Eglise orthodoxe au nom d’une certaine idée de la famille et du respect de la figure d’autorité patriarcale, a été promulguée mardi 7 février 2017 par le président Poutine. Selon le ministère russe de l’Intérieur, « chaque jour, 36 000 femmes russes sont victimes de violences conjugales. 12 000 femmes décèdent, chaque année, sous les coups de leur conjoint ; soit une femme, toutes les quarante minutes ». Je n’arrivais / n’arrive toujours pas à comprendre qu’il soit possible de justifier un coup porté. Aucune représentation de la notion de famille ne peut légitimer la violence physique ou psychologique. J’ai ressenti une urgence personnelle à parler de ce sujet. Je souhaitais aborder la question du mutisme et de la solitude des femmes qui vivent dans la terreur de leur compagnon et qui ne savent pas comment ni à qui en parler. C’est pourquoi j’ai proposé à Sigrid de travailler avec moi à l’écriture d’une fiction sur la violence dans le cadre secret du couple. » Lena Paugam

 

presse : « Dans le tourbillon d’Avignon, il est parfois de ces petits miracles de beauté, d’intelligence et d’exigence artistique qui réussissent à transcender un sujet difficile et douloureux en une oeuvre véritable. Ces petits miracles nous montrent que le chemin vers l’excellence est possible et qu’il est synonyme d’émerveillement et d’émotion intense. » Julia Bianchi / Le coryphée

Parbleu !

Voilà bientôt vingt ans qu’ils se tirent le maillot avec une complicité toujours plus naturelle et un amour de la blague bien faite qui ne tolère pas le compromis. Patiemment, année après année, Jean-Paul Lefeuvre et Didier André affirment leur attachement à une forme d’artisanat modeste, faisant d’eux les adeptes d’une sorte de “slow cirque”. Ce nouveau spectacle aspire à un minimalisme qui met en scène l’esprit même de cet artisanat. Exploitant jusqu’au trognon des accessoires trouvés au fond de leur atelier (une planche, une truelle, une boule de pétanque, une masse de chantier…), ils détournent ces ustensiles d’apparence banale avec une dextérité méticuleuse. Entre leurs mains, ces objets mis en mouvement et en lumière ont plus qu’une âme, ils deviennent complices, partenaires. Le cercle n’étant plus leur rayon, ils évoluent désormais dans un rectangle qui évoque tour à tour un terrain de pétanque, un court de tennis ou un billard géant mais dont toujours le règlement intérieur est celui du bac à sable : toutes les fantaisies sont permises à condition qu’elles s’incarnent avec application. Se prendre au jeu sans se prendre au sérieux, voilà la plus périlleuse de leurs acrobaties. Tout ceci contribue à créer un univers où l’absurde s’étire jusqu’au rire, où la poésie apparait comme le dénominateur commun de tous leurs efforts…

 

presse : « Ils font la paire, Didier et Jean-Paul, tant et si bien que, même en solos, ils sont inséparables. Tantôt adversaires, tantôt complices, ils ne peuvent s’empêcher de se titiller. Pourtant, ils ne peuvent pas se passer l’un de l’autre. Dégaines tordantes, mimiques hilarantes, postures toujours très justes, les numéros sont loufoques et pleins de malice, avec juste ce qu’il faut de mélancolie. Et comme ce ne sont pas que des clowns, ces acrobates réalisent de belles prouesses : pelles, tuyaux et autres agrès inattendus sont détournés pour le plus grand plaisir du public qui finit bluffé. Ils sont fortiches, Jean-Paul et Didier. » Léna Martinelli / France Culture

Un soir chez Boris

« Boris, il est artiste de cirque. Trappeur des banlieues, amoureux des ours et des chansons d'amour des années 80, il est seul dans sa yourte et plein dans sa tête. Son enjeu : ses jeux. Devant cent personnes, il tisse ses digressions, ses visions. Son accordéon, c'est son piment. Ça l'occupe de plus en plus ces derniers temps. Ça l'excite, le multiplie. En revanche, son looper le pose, le rafraîchit. Il s'invente de l'air. Le vent se lève dans sa tête et le tient en équilibre. Cow boy actuel, funambule de proximité, sa barbe, je me demande bien ce qu'il en est... Mon ami Boris, c'est l'autre, dans ma tête, peut-être bien celui de la soirée disco, qui toque à la porte du chapiteau mais que je tiens pas tellement à laisser entrer de suite car on est déjà beaucoup trop. » Pierre Déaux

« On essaie toujours de faire le spectacle du siècle. Pierre m'avait bien dit en début de création il y a 2 ans et demi : "ton problème, c'est que tu essaies de faire le spectacle du siècle". Du coup, j'ai essayé de le faire mentir et de prendre ça à la légère. Mais je n'ai pas réussi. J'ai cherché à faire le spectacle du siècle. Du moins mon spectacle du siècle. Y suis-je arrivé ? Peut-être... » Olivier Debelhoir

 

presse : « En fait, il est complétement barré, Boris, et très attachant. Il est seul dans sa yourte et plein dans sa tête. De digressions en visions, il nous embarque dans son monde peuplé d’anti-héros. Quand le vent se lève entre ses neurones, il tient malgré tout l’équilibre. C’est très vite l’escalade avec lui, il va tout schuss, mais jamais droit dans le mur. Funambule de proximité, il vole haut. Chapeau bas ! » Léa Martinelli / Les trois coups

Namakemono

« Le projet est né lors d’actions de médiation auprès d’enfants d’écoles primaires. Nous avons été très surpris de leur adhésion très directe à notre démarche singulière mélant danse butô et sons de contrebasse. En réponse, nous avons voulu créer un spectacle qui leur serait dédié, nourri de nos univers. Mais comment passer du côté sombre, obscur, caractéristique du butô à la lumière ? Le choix du paresseux, Namakemono en japonais, nous est apparu évident. Le butô maitrise la lenteur et sa technique, comme sa profondeur, permet de donner une vie grotesque et amusante à cet animal bien étrange qu’est Namakemono. Un premier spectacle / essais est né, Namakemono, où l’impossibilité de dresser l’indomptable. Un Ours, maître en domptage, tente de dresser un Paresseux. Il n’a peut-être pas choisi le bon animal pour exercer ses talents de dompteur, car le Namakemono est certes bien sympathique, mais lent et… paresseux ! La lenteur de la danse butô crée le personnage du Paresseux, qui à son tour crée naturellement la chorégraphie. La technique du butô qui permet d’exprimer les émotions intérieures va permettre de créer le caractère du personnage : les mimiques grotesques et les expressions démoniaques du butô vont se transformer ici en expressions tendres du Paresseux. C’est un exemple de passage de l’obscur à la lumière. La gestuelle joue un grand rôle dans la compréhension de l’histoire et le passage des émotions. Le réel (les gestes courants) et l’irréel (la lenteur des mouvements de Namakemono) se mêleront pour créer un monde imaginaire. » Emmanuel Fleitz

Duo Metamorphis

Inès Prisca commence très tôt l’étude de la musique dans la classe d’Emmanuelle Mousset au conservatoire Gustave Charpentier de Paris. À l’âge de 9 ans elle intègre la Maîtrise de Radio-France, où elle acquiert une solide formation musicale. Durant ce cursus, elle participe à de nombreux concerts sous la direction de chefs prestigieux tels que Kurt Masur, Georges Prêtre, Myung Whun Chung, Yutaka Sado, Marc Minkowski, Charles Dutoit, Riccardo Muti (...) Elle entre ensuite dans la classe de chant lyrique de Gisèle Fixe au conservatoire Erik Satie du 7ème arrondissement, tout en suivant des études universitaires en cinéma et audiovisuel à la Sorbonne Nouvelle et de jazz vocal au Conservatoire Nadia et Lili Boulanger, dans la classe de Guylenn Delassus. Elle suit une formation de comédienne au Studio spectacle Acting International avec Robert Cordier puis dans les workshops de Jack Waltzer. Elle suit actuellement un cursus de chant lyrique avec Caroline Fèvre.

 

Raphaël Laroche, formé au Conservatoire de Rouen par Ursula Von Lerber, il intègre ensuite le Pôle d‘Enseignement Supérieur de la musique Île-de-France où il obtient son diplôme dans la classe de Bruno Perbost en 2014. Parallèlement, il approfondit sa formation avec Marie-Joseph Jude, Jean-François Heisseret Pascal Nemirovski avec lequel il étudie un an à la Royal Academy of Music de Londres. Passionné par la pédagogie, il obtient son diplôme d’état au Pôle Sup’93 et enseigne depuis 2016 le piano au Conservatoire du Grand Verdun. En tant que soliste, accompagnateur et improvisateur il est amené à se produire régulièrement dans des événements comme le festival « tous en scène ! » ou « Il était une voix » au théâtre d’Aulnay-sous-bois avec Didier Grojsman. Il se produit en 2019 avec Inès Prisca dans un concert-théâtre, "Le bureau des enfers", présenté au théâtre du Gouvernail et à l'Auguste Théâtre ; ensemble, ils choisissent de commencer une nouvelle aventure musicale en duo.

Bérénice

« Arrêtons un moment... ». Bérénice commence comme ça. On arrête un moment de vie, on le suspend tellement il est fort. Ce n'est pas juste, d'ailleurs, de dire cela car elle commence par la préface de Jean Racine, par cette voix que j'imagine du vieil homme : « C'est-à-dire que Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui lui avait promis de l'épouser, la renvoya de Rome, malgré lui, malgré elle, dès les premiers jours de son empire. ». Et nous, assis autour d’une table, nous l'écoutons, prêts à bondir. On peut dire que Racine met la langue dans tous ces états. Mais il y a Rome : « Non, pas de reine étrangère ». Bérénice la juive, Titus le Romain et Antiochus l'Arabe. Qu'est-ce qui empêche d’aimer ? Pas de mélodie chez Racine mais l'existence du contrepoint toujours. Tout avance en même temps : ils jouent, ils sont le regard, et la préface... Le Théâtre écoute. Je n’arrive pas à envisager une distribution classique. Je me pose la question d'un groupe capable de recevoir la confidence de Racine. De la soutenir, de s'y plonger, de s'y laisser prendre. J’ai du mal à imaginer qu’un spectacle puisse être fini une fois les répétitions achevées. Nous avons commencé Bérénice avec cinq comédiens. Puis une autre version s’est imposée en tournée avec quatre resserrant le propos. Nouvelle approche d’une même mélodie. » Isabelle Lafon

 

presse : « Sans costumes d’époque, sans actualisation non plus, sans dire tout le texte pour en toucher le coeur, Isabelle Lafon et ses partenaires signent une version follement vibrante de la pièce de Racine. Une page de l’histoire des représentations de Bérénice s’écrit là devant nous. Reprenons-en le fil à celle de Planchon puis à la Bérénice d’Antoine Vitez. La Bérénice d’Isabelle Lafon semble comme regardée avec bienveillance et amicalité par ces maîtres disparus. Elle ne joue pas des pièces, elle va, le coeur battant, à leur rencontre. » Jean-Pierre Thibaudat – Médiapart

Rodolphe Burger & Erik Marchand / Glück Auf

« La première fois que j’ai rencontré Erik, il m’a dit qu’il ne connaissait rien à la musique harmonique ! Et moi je lui ai répondu que je ne connaissais rien à la musique modale. », se souvient Rodolphe Burger. C’est ainsi qu’ils se sont rencontrés et, malgré toutes leurs différences, vite bien entendus. De ce dialogue est né le projet Before Bach, présenté en 2004. À la clef, un album du même nom, où ce triangle aux oreilles pointues, renforcé d’une section rythmique, trouvait un territoire d’expression commun entre la musique modale que laboure depuis des années le chanteur breton – et collecteur de sons – Erik Marchand et l’esprit rock blues à partir duquel le guitariste et chanteur Rodolphe Burger mène ses propres extrapolations. Quinze ans plus tard, ils redescendent à la mine, creuser toujours plus profond, histoire d’en extraire un nouveau répertoire. D’où le nom de cette création, Glück Auf, la devise des mineurs de Sainte-Marie-Aux-Mines qui peut se traduire par Inch Allah. Ils ont à leurs côtés une nouvelle partenaire, la violoniste et chanteuse Pauline Willerval, adepte du violon bulgare gadulka et férue tout autant de musiques traditionnelles. « On se propose des morceaux des uns ou des autres. », reprend Burger. Un blues dédié à John Henry, ce colosse qui incarne le working class hero par excellence, un thème de Titi Robin qu’ils ont customisé, un morceau albanais, des pentatoniques jouées en Épire, une chanson turque, ou encore un chant breton dédié à Manuel Kerjean, maître d’Erik Marchand et paysan de Plouray…

Nouveaux voisins

« En septembre 2018 on me propose d'effectuer un atelier d'écriture dans le centre d'accueil pour migrants d'Ivry. Écrire une chanson en français avec des adultes et des enfants. Intéressé par l’opportunité d'entrer dans ce lieu, j'accepte la proposition. Des yourtes et des chambres numérotées et réparties par rues, un centre de santé, un petit terrain bitumé pour le sport. Des femmes seules et des familles cohabitent. Une ribambelle d'enfants erre dans cette ancienne usine réaménagée en centre d'accueil. Très vite le mandat pour lequel je suis là me semble restreint et difficilement réalisable... J’abandonne l’idée mais je continue à venir. De manière complètement intuitive et joyeuse, on se met à chanter des chansons, je filme. Je comprends alors que le projet se dessine de lui-même, et qu’ici la légèreté n’est pas interdite par la violence de la situation. Je ne veux pas leur demander de se raconter, pas susciter le débat. Je veux juste qu’ils soient des individus qui participent à la création d’un objet artistique, et qu’ils soient perçus comme tels, juste accueillir ce qu’ils me donnent, comme on accueillerait des voisins. » Manuel Merlot